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Tortue d’Hermann : entretien, alimentation et santé

Testudo hermanni, tortue terrestre

Mis à jour le , d’après les sources citées en fin de page.

La tortue d’Hermann adulte mesure 13 à 20 cm de carapace et pèse en moyenne 0,4 à 1,2 kg selon le sexe et la sous-espèce. Elle peut vivre plus de 50 ans et se nourrit presque uniquement de plantes sauvages riches en calcium. Il lui faut un enclos extérieur d’au moins 20 m², exposé plein sud. En bonne santé, elle hiberne chaque hiver vers 5 °C, 2 à 3 mois en captivité, jusqu’à 5 mois selon certaines sources. Espèce protégée, classée vulnérable par l’UICN depuis 2024, elle ne se prélève jamais dans la nature.

La tortue d’Hermann en bref

Taille adulte (carapace)
13 à 20 cmRecords : 25 cm en Corse, environ 35 cm à l’est
Poids adulte
0,4 à 1,2 kgMoyennes selon le sexe et la sous-espèce
Espérance de vie
50 à 60 ansÂges atteints dans la nature ; maximum inconnu
Alimentation
Herbivore
Hibernation
Oui, en hiver
Installation
Enclos extérieur
Tortue d’Hermann dans l’herbe
Photo : Olaf Tausch, via Wikimedia Commons, licence CC BY 3.0.

La liste complète du matériel pour une tortue d’Hermann

Comment reconnaître une tortue d’Hermann ?

Une tortue d’Hermann adulte mesure 13 à 20 cm de carapace et se reconnaît à sa carapace bombée, jaune à orangée et tachée de noir, à l’ergot corné qui termine sa queue et à ses cuisses sans éperon. Elle pèse en moyenne 0,4 à 1,2 kg selon le sexe et la sous-espèce ; l’absence d’éperon la distingue de la tortue grecque.

Taille et poids d’une tortue d’Hermann adulte

  • Sous-espèce de l’ouest (hermanni, en France, en Espagne et en Italie) : 13 à 15 cm pour le mâle, 15 à 18 cm pour la femelle. Les plus grandes femelles atteignent 20 cm dans le Var et jusqu’à 25 cm en Corse selon le plan national d’actions, les tortues corses étant plus grandes que celles du continent. Son plastron porte deux larges bandes noires.
  • Sous-espèce de l’est (boettgeri), très présente en captivité avec ses hybrides : plus grande, en moyenne plus de 17 cm pour les femelles et 15 cm pour les mâles, avec un record d’environ 35 cm en Bulgarie. Les bandes noires de son plastron sont souvent réduites à des taches, voire absentes.
  • Poids : en moyenne 0,4 kg pour un mâle et 0,8 kg pour une femelle dans le Var, environ 0,7 et 1,2 kg chez des tortues de compagnie de la sous-espèce de l’est (étude de 2024).

Mâle ou femelle ?

Les caractères sexuels n’apparaissent nettement qu’à partir de 10 cm de carapace, vers 6 à 7 ans dans la nature. Le mâle a une queue longue et épaisse, d’environ un quart de la longueur de sa carapace, terminée par un long ergot, un plastron (dessous de la carapace) concave et des écailles anales très échancrées. La femelle, environ 12 % plus grande, a une queue courte et un plastron plat.

Différence entre tortue d’Hermann et tortue grecque

La tortue grecque porte un éperon corné sur chaque cuisse et pas d’ergot au bout de la queue. Son écaille supracaudale, au-dessus de la queue, est d’une seule pièce ; chez la tortue d’Hermann, elle est presque toujours divisée en deux. Aucun critère ne suffit seul : près d’une tortue grecque sur quatre du sud-ouest du Maroc n’a pas d’éperon. Comparez avec la fiche d’entretien de la tortue grecque.

Combien de temps vit une tortue d’Hermann ?

Une tortue d’Hermann peut vivre plus de 50 ans : certaines populations sauvages comptent des individus de 50 à 60 ans, et 85 à 97 % des adultes y survivent d’une année sur l’autre. Sa longévité maximale reste inconnue. Elle grandit d’environ 1 cm par an et devient adulte vers 11 à 12 ans dans le Var, 9 à 10 ans en Corse.

Elle a de bonnes chances de vous survivre : désignez qui la recueillera et lisez que faire d’une tortue héritée.

Espèce protégée, classée vulnérable sur la liste rouge mondiale de l’UICN depuis 2024, comme sur celle de France, où elle ne subsiste à l’état sauvage que dans le Var et en Corse, elle ne se prélève jamais dans la nature. Sa détention se déclare en préfecture avant son arrivée, dès la première tortue, et elle doit être identifiée par une puce électronique au plus tard avant toute cession. Toute vente, tout échange ou toute annonce exige un certificat intracommunautaire (CIC), que Tortroc demande aussi pour un don. Le détail figure dans la réglementation de la tortue d’Hermann. Pour adopter une tortue née en captivité, parcourez les annonces de tortues d’Hermann : en ligne, entre particuliers, seul le don est permis.

Que mange la tortue d’Hermann ?

La tortue d’Hermann est herbivore : plus de 70 % de sa ration doit venir de plantes sauvages, feuilles et fleurs, comme le pissenlit, le trèfle, le plantain, le laiteron, la mauve ou le mouron des oiseaux. Les légumes du commerce dépannent, les fruits sont à éviter, la viande et les pâtées pour chien ou chat sont exclues.

Que mange-t-elle dans la nature ?

Dans la nature, 134 espèces de plantes ont été recensées à son menu, presque toutes annuelles : surtout des composées et des légumineuses, moins souvent des renonculacées et des graminées. En automne, elle passe aux fleurs et aux fruits, comme la figue, la mûre ou l’arbouse. Elle délaisse les plantes ligneuses, aromatiques comme le thym et le romarin, résineuses ou à latex comme les euphorbes.

Tableau d’alimentation de la tortue d’Hermann

Repère clé : le rapport calcium/phosphore (Ca/P) de la ration doit dépasser 1, idéalement 2.

AlimentRapport Ca/PConseil
Trèfle blanc4,5Base de la ration
Mauve4,2Base de la ration
Mouron des oiseaux3,3Base de la ration
Pissenlit3,0Base de la ration
Roquette3,1Souvent, sans excès
Laitue romaine1,1Dépannage
Laitue iceberg0,8À éviter
Pomme, fraise0,5 à 0,7Bouchée exceptionnelle
Tomate, banane0,2 à 0,4À éviter

Fruits et aliments à éviter

  • Fruits : sucrés et pauvres en calcium, ils sont à éviter ou à réserver à une bouchée exceptionnelle.
  • Viande et pâtées : riches en phosphore et en purines, elles abîment les reins et favorisent la goutte.
  • Plantes riches en oxalates, qui bloquent le calcium : épinard, rhubarbe, blette, persil.
  • Choux en excès, qui perturbent la thyroïde, et toute plante traitée aux pesticides.

Calcium, soleil et eau

Laissez un os de seiche en libre-service, surtout pour les femelles avant la ponte. Le calcium ne s’assimile qu’avec la vitamine D3, que la tortue fabrique dans sa peau sous les UVB du soleil. Dans une étude menée en Italie, des tortues d’Hermann gardées dehors ont maintenu leur taux de vitamine D pendant cinq semaines, alors que sous lampe UVB, installée à la distance indiquée par le fabricant, il a baissé de plus de moitié : le soleil direct, qui leur apportait 8 à 17 fois plus d’UVB, reste la meilleure source. Chez de jeunes tortues d’Hermann nourries de plantes sauvages, avec chaleur et UVB adaptés, aucun complément calcique n’a été nécessaire la première année. Si sa ration vient surtout du commerce, demandez à votre vétérinaire NAC quel complément utiliser et à quel rythme : l’excès de calcium ou de vitamine D est lui aussi nocif. Une soucoupe d’eau propre, lavée chaque jour, suffit ; évitez les bassins aux bords abrupts, où elle peut se noyer.

Quel enclos pour une tortue d’Hermann ?

Une tortue d’Hermann adulte vit dehors, dans un enclos exposé plein sud d’au moins 20 m². Pour un groupe, les sources divergent : 20 m² suffisent pour 1 à 6 tortues selon le centre Emys, quand le British Chelonia Group demande 10 m² par tortue, soit jusqu’à 60 m² pour six. La clôture, pleine et opaque, dépasse de 40 à 50 cm et s’enterre de 10 à 30 cm selon les sources, avec des angles arrondis : cette tortue grimpe et creuse.

Aménager l’enclos extérieur

  • Végétation : une prairie variée à brouter (pissenlit, trèfle, plantain, luzerne) et des buissons côté nord pour l’ombre.
  • Zone sèche : sur la moitié de l’enclos, remplacez 20 cm de terre par du tout-venant et posez des ardoises qui stockent la chaleur. L’humidité est son ennemie.
  • Abri : une petite serre ou une cabane au sol meuble, garnie de foin, qu’elle mange aussi pour ses fibres.
  • Protection : grillagez le dessus de l’enclos des jeunes, proies des fouines et des corneilles. Éloignez les chiens : selon le plan national d’actions, leurs morsures causent près de 30 % des entrées de tortues sauvages au centre de soins du Village des tortues de la SOPTOM.

Terrarium : pour un bébé ou un hiver éveillé

Un terrarium vitré ne convient pas. Pour un juvénile ou une tortue qui n’hiberne pas, préférez une table à tortues ouverte, avec un point chaud de 28 à 35 °C, ambiance de 20 à 30 °C le jour et de 18 à 22 °C la nuit, lampe UVB puissante (10 à 12 %) allumée 12 à 14 heures par jour : les valeurs varient selon les sources. Sortez-la au soleil dès qu’il fait beau.

Comment faire hiberner une tortue d’Hermann ?

Une tortue d’Hermann adulte en bonne santé hiberne chaque hiver, à 5 °C stables, après 2 à 4 semaines de jeûne. En captivité, 2 à 3 mois suffisent : le Royal Veterinary College la réveille au plus tard après 3 mois, le centre Emys admet jusqu’à 5 mois. Un jeune qui débute n’hiberne que 4 à 6 semaines. Dans la nature, elle s’enfouit sous la litière de fin octobre ou novembre jusqu’en février ou mars.

Une tortue maigre, malade ou soignée dans l’année n’hiberne pas : elle reste éveillée, au chaud et sous UVB. Avant chaque hiver, faites-la examiner par un vétérinaire NAC : son appréciation de l’état corporel est plus fiable que le seul rapport entre poids et longueur.

Que se passe-t-il pendant l’hibernation ?

Son cœur et sa respiration ralentissent fortement : vers 4 °C, ses mouvements respiratoires deviennent presque imperceptibles. Elle vit sur ses graisses et sur le glycogène de son foie, dont elle aura besoin au réveil, et sa vessie lui sert de réserve d’eau : elle doit donc boire avant de s’endormir. Dans la nature, enfouie, elle garde une température corporelle au-dessus de 0 °C, même par grand froid. Trop au chaud, elle s’active et brûle ses réserves ; gelée, elle peut perdre la vue, voire mourir.

Calendrier d’hibernation

PériodeÉtape
Juillet à septembreBilan chez le vétérinaire NAC (état corporel, analyse de selles), pesée de référence
OctobreJeûne de 2 à 4 semaines, la première au chaud, puis baisse progressive de la température ; bains tièdes réguliers
NovembreMise en hibernation à 5 °C stables
Décembre à févrierPesée toutes les 1 à 2 semaines, contrôle du thermomètre minimum-maximum
Fin de l’hiverRéveil après 2 à 3 mois (3 mois au plus pour le Royal Veterinary College, jusqu’à 5 mois pour le centre Emys), 4 à 6 semaines pour un jeune

Préparer l’hibernation

Arrêtez les repas 2 à 4 semaines avant : les vétérinaires veulent un intestin vide au moment de l’endormissement. Gardez-la au chaud la première semaine pour qu’elle digère, puis baissez la température progressivement, d’environ 5 °C par semaine pour le Royal Veterinary College, de 2 à 3 °C tous les deux jours pour le CHU vétérinaire de Nantes. Pendant ce jeûne, baignez-la dans l’eau tiède, l’eau au niveau du cloaque, un jour sur deux selon le Royal Veterinary College, deux fois par semaine pendant 20 minutes selon le CHU vétérinaire de Nantes : elle boit, vide son intestin et s’endort la vessie pleine. Installez-la dans sa caisse ou son réfrigérateur quand elle s’est refroidie vers 13 °C.

Boîte d’hibernation ou frigo ?

La boîte : une caisse grillagée contre les rongeurs, dans un local frais et hors gel. Pour la garnir, les sources divergent : terre, terreau et feuilles mortes légèrement humides, papier journal déchiqueté ou billes de polystyrène ; le Royal Veterinary College et le British Chelonia Group déconseillent la paille et le foin, que le CHU vétérinaire de Nantes utilise. Le réfrigérateur, réservé à cet usage, bon en principe pour le Royal Veterinary College, moins recommandable pour le CHU vétérinaire de Nantes : environ 5 °C, à contrôler au thermomètre minimum-maximum car la température varie selon l’étagère, avec un bol d’eau contre la sécheresse et 30 secondes d’aération par jour.

Visez 5 °C, sans variations : le Royal Veterinary College admet 2 à 9 °C, le CHU vétérinaire de Nantes 5 à 10 °C. Sous 3 °C, seuil jugé mortel par le CHU vétérinaire de Nantes, mettez-la vite à l’abri du gel. Au-dessus de 10 °C, elle s’active et épuise ses réserves : trouvez un endroit plus frais. Pesez-la avec précaution toutes les 1 à 2 semaines, ou au moins une fois par mois selon le CHU vétérinaire de Nantes. Elle perd normalement environ 1 % de son poids par mois ; dès 8 % de perte, réveillez-la et consultez, sans attendre les 10 % retenus par le CHU vétérinaire de Nantes.

Hibernation naturelle dans le jardin

Une tortue acclimatée peut hiberner sous les feuilles, dans sa serre. Vous ne contrôlez alors ni la température ni le poids : les vétérinaires du Royal Veterinary College la déconseillent.

Sortie d’hibernation

Le réveil est la période la plus risquée de l’année : ses défenses immunitaires sont au plus bas et l’herpèsvirus des tortues se réactive alors le plus souvent. Laissez-la quelques heures à température ambiante, puis rendez-lui son point chaud et ses UVB pour qu’elle retrouve sa température d’activité, 25 à 30 °C : c’est le rythme du Royal Veterinary College, quand le CHU vétérinaire de Nantes étale ce réchauffement sur 2 à 3 semaines. Baignez-la dans l’eau tiède, vers 25 °C, 20 à 30 minutes, de 2 à 3 fois par semaine selon le CHU vétérinaire de Nantes à 2 fois par jour selon le Royal Veterinary College, jusqu’à ce qu’elle boive et urine : elle évacue ainsi les déchets accumulés dans sa vessie. Yeux gonflés, nez qui coule ou dépôts blancs dans la bouche : isolez-la et consultez sans attendre. Sans repas ni urine 7 jours après le réveil, consultez un vétérinaire NAC.

Comment se reproduit la tortue d’Hermann ?

La femelle pond de mi-mai à fin juin, en moyenne une fois par an dans le Var et deux en Corse, au plus trois : 3 œufs par ponte en moyenne dans le Var et 4 en Corse, au plus 7 chez la sous-espèce de l’ouest et 9 chez celle de l’est. Les accouplements ont lieu surtout au printemps et en fin d’été. L’incubation naturelle dure 90 à 124 jours, 97 en moyenne en France : les petits, de 3 à 3,6 cm pour 10 à 13 g, sortent de fin août à octobre, souvent après les premières pluies. Entre 25 et 30 °C, les œufs donnent des mâles, à 33 ou 34 °C des femelles, et vers 31,5 °C autant de mâles que de femelles.

Séparée des mâles, une femelle peut encore pondre des œufs fécondés : elle conserve le sperme plusieurs années. Notez chaque naissance dans votre registre et faites identifier chaque petit par une puce, au plus tard avant toute cession. Les petits comptent dans le nombre de tortues détenues : au-delà de 6, il faut un certificat de capacité et une autorisation d’ouverture d’établissement. Vérifiez les démarches à faire dans votre situation.

Ne relâchez jamais une tortue d’élevage : selon une étude génétique de 2022, 18 % des tortues sauvages du Var sont déjà des hybrides avec la sous-espèce de l’est, introduite par des lâchers. Si vous en croisez une dans la nature, lisez que faire d’une tortue trouvée.

Comment savoir si une tortue d’Hermann est malade ?

Une tortue d’Hermann malade maigrit, ne mange plus, a les yeux gonflés, le nez qui coule ou du mal à respirer. Chacun de ces signes justifie une consultation chez un vétérinaire spécialisé en NAC, sans traitement maison. Un bilan annuel, idéalement avant l’hibernation, détecte les problèmes tôt.

Ma tortue d’Hermann ne mange plus

En automne, c’est normal : l’hibernation approche. Par temps frais aussi : son activité est optimale à une température corporelle de 25 à 30 °C. Après l’hibernation, 7 jours sans manger ni uriner imposent une consultation.

Yeux gonflés, nez qui coule : isolez-la

Ces signes, avec des dépôts blancs dans la bouche, évoquent surtout l’herpèsvirus des tortues ou des mycoplasmes, qui se transmettent par contact. L’herpèsvirus est souvent mortel chez la tortue d’Hermann : dans un élevage italien, les trois quarts des tortues infectées sont mortes, la plupart dans les dix jours suivant les premiers signes, juste après l’hibernation, et le risque de mort y était plus élevé chez l’Hermann que chez les autres espèces. Une tortue grecque ou bordée peut le porter sans symptôme : dans cet élevage, c’est une bordée d’apparence saine, arrivée trois ans plus tôt, qui l’avait introduit. Une tortue infectée peut rejeter le virus par intermittence pendant au moins deux ans, surtout au sortir de l’hibernation. Isolez la malade, ne mélangez jamais les espèces et isolez toute nouvelle venue, même d’Hermann, en demandant à votre vétérinaire NAC un dépistage : dans cet élevage, un an d’isolement sans analyses n’avait pas suffi. Dans le Var, l’herpèsvirus a même été détecté chez des tortues d’Hermann sauvages, et des mycoplasmes chez près de la moitié des tortues grecques relâchées parmi elles : ne relâchez jamais une tortue.

Carapace molle ou bosselée (pyramidage)

Une carapace molle signale le plus souvent une maladie osseuse métabolique : manque de calcium ou d’UVB, ou ration trop pauvre en calcium par rapport au phosphore. Faites-la examiner par un vétérinaire NAC, qui en recherchera la cause.

Des écailles en pyramide, la « tortue Toblerone », se forment pendant la croissance. Chez de jeunes tortues d’Hermann suivies dix mois en Italie, aucune de celles élevées dehors, au soleil, nourries des plantes sauvages de leur enclos et hibernant, n’en présentait, alors que toutes celles élevées à l’intérieur, sous lampe UVB, avec les mêmes plantes à volonté et sans hibernation, en avaient ; elles étaient aussi en moyenne plus lourdes. Une ration trop abondante, même végétale, et un élevage sans hiver favorisent donc ces bosses. Elles sont souvent irréversibles : corrigez tôt l’installation et la ration avec votre vétérinaire.

Maladies transmissibles à l’homme

Sans être malade, une tortue peut héberger des salmonelles et les transmettre à l’homme, même sans contact direct, par l’enclos ou les vêtements. Après chaque manipulation ou nettoyage de l’enclos, lavez-vous les mains au savon, et redoublez de précautions avec les enfants de moins de 5 ans, les personnes de 65 ans et plus et les personnes immunodéprimées, les plus exposés aux formes graves.

Ce que dit la loi

La tortue d’Hermann est une espèce protégée en France. Pour en détenir une, il faut la déclarer en préfecture avant son arrivée, la faire identifier par une puce électronique et disposer d’un certificat intracommunautaire (CIC) pour toute cession.

Questions fréquentes

Que mange une tortue d’Hermann dans la nature ?

Surtout des feuilles de plantes herbacées, presque toutes annuelles : 134 espèces ont été recensées à son menu, en tête les composées comme le pissenlit et les légumineuses comme le trèfle, puis les renonculacées, plus rarement les graminées. En automne, elle y ajoute des fleurs et des fruits, et à l’occasion des escargots, des cloportes ou des vers de terre.

Une tortue d’Hermann peut-elle manger des fruits ?

Très rarement. Sucrés, les fruits apportent bien moins de calcium que de phosphore (rapport Ca/P de 0,2 pour la banane à 0,7 pour la fraise) : le Royal Veterinary College conseille de les éviter, le British Chelonia Group d’en faire une part infime de la ration.

Quel est le poids maximum d’une tortue d’Hermann ?

Il n’y a pas de poids maximum fixe : tout dépend du sexe et de la sous-espèce. Dans le Var, une femelle pèse en moyenne 0,8 kg et un mâle 0,4 kg. La sous-espèce de l’est (boettgeri), plus grande et la plus courante en captivité, pèse environ 1,2 kg pour une femelle et 0,7 kg pour un mâle.

Comment savoir si une tortue d’Hermann est un mâle ou une femelle ?

Retournez-la : le mâle a le plastron creusé et une longue queue épaisse, armée d’un grand ergot ; la femelle, un plastron plat et une queue courte. Ces différences apparaissent vers 10 cm de carapace, soit 6 à 7 ans dans la nature.

Peut-on faire hiberner une tortue d’Hermann au frigo ?

Oui, mais les vétérinaires sont partagés : le Royal Veterinary College juge la méthode bonne en principe, le CHU vétérinaire de Nantes la trouve moins recommandable qu’une caisse au frais. Utilisez un réfrigérateur réservé à cet usage, vers 5 °C, aéré une trentaine de secondes par jour, avec un bol d’eau et un thermomètre minimum-maximum.

Peut-on mettre une tortue d’Hermann avec une tortue grecque ?

Non. La tortue grecque peut porter sans symptôme un herpèsvirus souvent mortel pour la tortue d’Hermann, et les vétérinaires déconseillent tout mélange d’espèces. Prévoyez un enclos pour chacune.

Ma tortue d’Hermann ne mange plus : que faire ?

Vérifiez d’abord la saison et la chaleur : en automne, elle se prépare à hiberner, et elle ne s’alimente bien qu’au chaud. Si elle ne mange toujours pas 7 jours après son réveil, ou si elle a les yeux gonflés ou le nez qui coule, consultez un vétérinaire NAC.

Les maladies de la tortue d’Hermann sont-elles transmissibles à l’homme ?

Le principal risque est la salmonellose : comme tous les reptiles, elle peut porter des salmonelles sans être malade. Lavez-vous toujours les mains après l’avoir touchée, surtout si vous vivez avec un enfant de moins de 5 ans, une personne de 65 ans ou plus ou une personne immunodéprimée.

Sources

Vérifié le 11 octobre 2026. Ces conseils ne remplacent pas l’avis d’un vétérinaire spécialisé dans les nouveaux animaux de compagnie (NAC) :